Dr. V, facts

Publié le par everysecond

Cela m'a pris un an avant de revoir le docteur V. La première fois que je l'ai vu, il semblait plein d'enthousiasme pour m'aider, il m'avait proposé tout un panel de solutions parmis lesquels l'hypnose, la programmation neuro linguisitque, un suivi psychologique et surtout, son invention, l'injection intracaverneuse de papaverine. C'est elle qui lui valait sa renommée dans le monde entier.

La deuxième fois que j'ai vu le Dr. V, un an après la première, il ne me restait plus qu'un choix unique, les injections. Je ne savais pas bien ce qui avait  si radicalement changé dans ma vie pour réduire à ce point mes voies de guérison, Dr. V resta silentieux à ce sujet. Peut-être suis-je trop vieux?

Je suis allé voir une troisième fois le docteur. C'était un vendredi de mai, aux alentours de midi. J'ai du comme d'habitude passer d'abord pas la secrétaire. Une secrétaire simple, agressive, ayant peur de la faute. Elle vous regarde bien en face, pour vous rappelez ce que vous êtes. Vous êtes souffrant d'une maladie honteuse, d'un trouble inavouable. Pourtant il s'agit de patients particuliers, nous venons avec nos coeurs abîmés, pour parler de notre secret le plus lourd. Nous venons parler de ce que nous sommes. Elle en fait bien peu de cas.

Ce rendez-vous est particulier. Je viens pour tester les injections. Après une courte attente, le Dr. V me fait entrer dans son bureau. J'ai peur. Il me fait passer dans l'arrière salle où se trouve le billard, des instruments de chirugie et un immense poster avec la photo d'un individu se faisant insérer une pompe dans le pénis pour stimuler  ses érections. Je ne peux retenir un "C'est horrible!" devant les détails du poster. Dr. V semble un peu choqué par mon propos. Pour lui tout ça est beau. Il a raison, si ça peut aider les gens.

Après quelques préparatifs, Dr. V me tendit une seringue, et me demanda de me l'injecter. Not the proudest day of my life.  J'en étais incapable. J'avais la main paralysée. "Je suis désolé, je ne peux pas." Je ne suis pas douillet, mais l'idée de m'enfoncer une seringue dans le pénis est si difficile à mettre en oeuvre que je dus abandonné. Dr. V procéda. D'abord je perçu un sentiment de brulure dans toute ma verge, puis un léger frisson remonta le long de ma colonne vertébrale. Je revins quelques temps en arrière, au collège peut-être, aux dernières fois où j'avais ressenti ce frisson, en voyant L, S ou J, ces filles du passé. Quand je ne savais pas encore ce qui m'attendait. Je dus ensuite m'allonger et attendre, une trentaine de minutes. Le produit marchait à merveille. Dans ce lieu étrange, j'apprenais la honte. J'étais une nullité absolue, un rien du tout. Je menais un combat solitaire et pesant, je faisais face à mes fantômes.
Mais j'étais face à ma destiné je crois. Si mon avenir dépendait de ma capacité à me servir de ces seringues. Si, aujourd'hui on me donnait le choix de guérir, ou de vivre avec cet empêchement. Suis-je capable de faire le grand saut?

"Vous avez une partenaire?" demanda V. "Comment voulez vous que j'ai une partenaire demandai-je? Le simple fait d'embrasser une fille me donne envie de partir en courrant. Mais ne vous inquiètez pas pour ça, c'est mon problème."

 

Mon problème allait s'annoncer plus difficile à régler que prévu.

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Publié dans Présent

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