Dire que je ne connais pas l'amour serait méchant pour L. Je suis tombé amoureux trés jeune et avec un enthousiasme que peu à mon sens pourraient reproduire.
En entrant au collège, j'ai rencontré L. Ou plutôt je l'ai d'abord vu. C'était la plus jolie fille de ma section. Elle avait les cheveux longs, blonds, de grands yeux marrons où je me perdais à
chaque instant. Chaque mouvement enjoué de ses yeux réduisait le monde à son empire sur moi. Elle avait une manière de m'écouter qui me rendait meilleur. Seulement, moi j'étais
plutôt tapageur, je passais mes journées à parcourir l'espace collégiale à la recherche d'une activité proscrite par le réglement intérieur. J'étais brillant mes faiseur de troubles.
Néanmoins l'amour élève et dès que j'ai connu L, j'ai passé l'intégralité de mon temps à tout faire pour lui plaire. Je suis d'abord devenu ami avec ses amis, puis amis avec elle. Enfin je suis
devenu son meilleur ami. Nous parlions sans cesse, des après-midi entière. Je buvais ses mots, je les méditais. Même en rentrant chez moi, je continuais de parler avec elle dans mon imagination.
Je connaissais à force d'attention et de passion pour tout ce qu'elle avait dit, la moindre de ses pensées. Je la comprenais mieux que personne et j'utilisais cette connaissance pour
mieux lui plaire. Si quelque chose lui déplaisait souverainement, je m'offusquais à chaque fois que cette chose arrivait alors que nous étions tous les deux. De façon discrète, car en aucun cas
je n'aurais voulu qu'elle découvre à quel point j'étais attentif à tout ce qu'elle disait. S'eut été trahir mon affection et plus encore sa confiance. Elle pouvait me dire quelque chose des
mois, des années avant que je me trouve dans la situation idéale pour lui renvoyer son point de vue, je ne l'oubliais jamais. Car ses mots était divin pour moi, ils étaient le sens de mon
amour.
Dès lors, mon existence a pris un tour tout à fait différent. Chaque chanson que j'aimais parlait à présent de L. J'avais pris l'habitude de ne jamais mettre ma ceinture dans la voiture. Du jour
au lendemain, je me suis mis à la mettre. J'aimais cette fille de tout mon coeur, c'était une raison suffisante pour vouloir rester en vie.
Elle ne savait pas que je l'aimais.
Toutefois, je lui ai avoué un jour mes sentiments à son égard. C'était en sortant de l'école, nous marchions cote à cote et j'ai tout dit. Les mots de l'époque était maladroit:
"Lucile, je crois que j'aimerais sortir avec toi". Juste après avoir avoué je disparus dans la voiture qui devait me ramener chez moi. Nous n'en reparlâmes pas. J'avais honte de mon aveu, et elle
devait s'en sentir elle aussi mal à l'aise.
Les années au collège ont passé. J'ai repris mes activités de mauvais garçon. Nous nous sommes menés une guerre sourde elle et moi. J'étais devenu dur, j'évoluais dans un monde de
violence. Nous étions amis, puis nous nous déchirions et nous ne nous parlions plus pendant des mois. Je me suis fait virer en 3eme du collège où nous étions tout deux. J'ai eu le coeur brisé de
devoir la quitter, mais nous ne sommes rien dit, nous étions en train de nous déchirer.
Alors que j'avais rejoint un autre établissement scolaire, en internat, et que je revenais pour les week-ends, nous nous sommes croisés un soir au cinéma. Officiellement nous nous haïssions. Une
de ses amies vint me parler et me dit: "Tu sais, L est amoureuse de toi", à quoi je répondis, "C'est complètement idiot". Les choses en restèrent là. L'année d'après, alors que nous
rentrions au lycée, je lui écrivis une lettre anonyme. J'étais toujours fou amoureux d'elle, et je ne l'avais pas vu depuis plus d'un an. Elle su immédiatement de qui il s'agissait et elle me
répondit. J'ai conservé cette lettre intacte. C'est une des plus belles choses qui me soit arrivé. Je la réstitue ici sans aucune modification:
"Je le savais très bien qu'elle arriverai un jour cette lettre, mais maintenant, je ne pensais pas. J'avais fini par ne plus l'espérer...
J'ai enfin répondu à une question qui trotte dans ma tête depuis très longtemps, et j'en étais sûre, ce n'était pas possible que tu me haïsses vraiment après tous les moments qu'on a passé
ensemble.
J'ai toujours voulu prendre ma plume et écrire ou bien attraper le téléphone et composer le O5 XX XX XX XX qui reste gravé au fond de ma mémoire, mais voilà je n'ai jamais osé. Qu'avais-je à
perdre? Rien sans doute, mais tout ne s'explique pas.
Je crois que maintenant c'est à mon tour de parler...
Pour tout te dire, je n'ai jamais compris ton comportement, je me suis toujours demandé pourquoi tu agissais ainsi alors que nous étions si proches, comme les deux doigts de la main.
Du jour au lendemain tu devenais mon pire enemi, alors que tu étais mon meilleur ami...
J'ai souffert... vraiment souffert, je ne pense pas que tu puisses imaginer à quel point ça était dur. Je t'en ai tellement voulu, mais au fond, j'esperais toujours que tu reviennes et que ça
recommence comme avant, mais ce jour là n'arrivait pas, et petit à petit ma souffrance grandissais, mais en moi, car personne ne voulait me comprendre ou m'écouter, on me disait que j'étais
branque, combien de fois ai-je entendu: "Mais arrêtes de parler de ce gars, ne penses plus à lui, c'est un gros con, t'as vu ce qu'il t'a fait!". Donc, j'ai gardé tout ça pour moi, et c'était
encore plus dur de ne pas pouvoir en parler. Un jour quand même alors que j'en avais mare de ce silence, j'ai réussi à dire à quelqu'un: "Je crois que je l'aime", je crois que je n'aurais pas du
car une fois de plus on ne me comprenait pas. Ce fut je crois la période la période la plus atroce de ma vie, je t'aimais et tu me traitais comme de la merde, c'était dur...
Puis j'ai rencontré de nouvelles personnes, de vrais amis qui ont su m'écouter, et j'ai décidé de recommencer une nouvelle vie, d'arrêter de haïr ma vie et d'oublier le passé. La plaie s'est
refermée peu à peu, très lentement, et j'ai réussi à t'oublier.
Quand tu m'as appelé, les souvenirs sont remontés, et je voulais vraiment qu'on parle, je voulais savoir et te demandais pourquoi tu dégageais tant de haine envers moi; mais tu n'étais pas seul
(pourquoi?) et je ne sais pas si j'aurais osé.
Ensuite ma vie a repris son cours, un jour un copain qui me parlait souvent de sa vie et de ses problèmes m'a dit que je ne parlais jamais de moi, de mon passé, que je n'extériorisais pas, alors
je lui ai dit qu'il ne fallait pas penser au passé, l'oublier...
Mais il a insisté pour que je me confie à lui, donc je lui ai raconté l'histoire d'un gars que j'ai aimé malgré tout le mal qu'il m'a fait et tous les moments qu'on a partagé ensemble. Mais j'ai
réussi à surmonter cette épreuve trés dure.
Le fait d'en parler m'a soulagé d'un poids très lourd, et suite à ça, j'ai ressenti le besoin d'écrire pour oublier totalement. Voilà ce que j'ai écrit et que j'aurais voulu t'envoyer:
"Une amitié si forte peut-elle disparaître ainsi sans laisser une triste pensée?
Faut-il l'oublier?
La vie n'est pas si simple, même... même sans y penser une partie de mon passé reste gravée en ma mémoire.
Pourquoi, pourquoi, pourquoi? Cette question résonne au fond de moi, un jour, peut-être je comprendrai...
Comment une personne si sensible peut-elle se cacher derrière un masque si laid?
Je ne cesse de me demander si j'ai eu tort de faire confiance, je crois que j'ai été bête, ou peut-être pas, ce que je sais c'est que j'ai eu mal, très mal.
La plaie s'est refermée doucement et peu à peu j'ai repris confiance en moi, et j'ai enfin compris qu'il fallait rester soi-même, maintenant la vie me semble meilleure, mais au fond de moi,
j'espere toujours..."
Maintenant je comprend mieux mais, quelque chose me semble encore flou, je me suis toujours demandé pourquoi cette partie qui n'est pas toi-même a toujours pris le dessus car je sais très bien et
j'ai toujours su que tu étais un mec génial, intéressant et très intelligent.
Je me suis toujours dit que je voudrai te revoir dans plusieurs années, le temps que tu comprennes qui tu es vraiment... pour qu'on parle.
Dans un sens je n'arrive vraiment pas à t'en vouloir car cette période maussade de ma vie m'a fait comprendre beaucoup de choses et m'a rendu plus forte pour affronter cette putain de vie.
Maintenant je n'ai plus peur de ce qui peut m'arriver... Je prend la vie comme elle vient...
Voilà, je crois que ce qui était à dire a été dit (mais peut-être pas totalement).
Ecris-moi,
L."
