Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 20:03

L.

Dire que je ne connais pas l'amour serait méchant pour L. Je suis tombé amoureux trés jeune et avec un enthousiasme que peu à mon sens pourraient reproduire.
En entrant au collège, j'ai rencontré L. Ou plutôt je l'ai d'abord vu. C'était la plus jolie fille de ma section. Elle avait les cheveux longs, blonds, de grands yeux marrons où je me perdais à chaque instant. Chaque mouvement enjoué de ses yeux  réduisait le monde à son empire sur moi. Elle avait une manière de m'écouter qui me rendait meilleur. Seulement, moi j'étais plutôt tapageur, je passais mes journées à parcourir l'espace collégiale à la recherche d'une activité proscrite par le réglement intérieur. J'étais brillant mes faiseur de troubles.
Néanmoins l'amour élève et dès que j'ai connu L, j'ai passé l'intégralité de mon temps à tout faire pour lui plaire. Je suis d'abord devenu ami avec ses amis, puis amis avec elle. Enfin je suis devenu son meilleur ami. Nous parlions sans cesse, des après-midi entière. Je buvais ses mots, je les méditais. Même en rentrant chez moi, je continuais de parler avec elle dans mon imagination. Je connaissais à force d'attention et de passion pour tout ce qu'elle avait dit, la moindre de ses pensées. Je la comprenais mieux que personne et j'utilisais cette connaissance pour mieux lui plaire. Si quelque chose lui déplaisait souverainement, je m'offusquais à chaque fois que cette chose arrivait alors que nous étions tous les deux. De façon discrète, car en aucun cas je n'aurais voulu qu'elle découvre à quel point j'étais attentif à tout ce qu'elle disait. S'eut été trahir mon affection et plus encore sa confiance. Elle pouvait me dire quelque chose des mois, des années avant que je me trouve dans la situation idéale pour lui renvoyer son point de vue, je ne l'oubliais jamais. Car ses mots était divin pour moi, ils étaient le sens de mon amour.
Dès lors, mon existence a pris un tour tout à fait différent. Chaque chanson que j'aimais parlait à présent de L. J'avais pris l'habitude de ne jamais mettre ma ceinture dans la voiture. Du jour au lendemain, je me suis mis à la mettre. J'aimais cette fille de tout mon coeur, c'était une raison suffisante pour vouloir rester en vie.
Elle ne savait pas que je l'aimais.
Toutefois, je lui ai avoué un jour mes sentiments à son égard. C'était en sortant de l'école, nous marchions cote à cote et j'ai tout dit.  Les mots de l'époque était maladroit: "Lucile, je crois que j'aimerais sortir avec toi". Juste après avoir avoué je disparus dans la voiture qui devait me ramener chez moi. Nous n'en reparlâmes pas. J'avais honte de mon aveu, et elle devait s'en sentir elle aussi mal à l'aise.
Les années au collège ont passé. J'ai repris mes activités de mauvais garçon. Nous nous sommes menés une guerre sourde elle et moi. J'étais devenu  dur, j'évoluais dans un monde de violence. Nous étions amis, puis nous nous déchirions et nous ne nous parlions plus pendant des mois. Je me suis fait virer en 3eme du collège où nous étions tout deux. J'ai eu le coeur brisé de devoir la quitter, mais nous ne sommes rien dit, nous étions en train de nous déchirer.
Alors que j'avais rejoint un autre établissement scolaire, en internat, et que je revenais pour les week-ends, nous nous sommes croisés un soir au cinéma. Officiellement nous nous haïssions. Une de ses amies vint me parler et me dit: "Tu sais, L est amoureuse de toi", à quoi je répondis, "C'est complètement idiot". Les choses en restèrent là. L'année d'après, alors que nous rentrions au lycée, je lui écrivis une lettre anonyme. J'étais toujours fou amoureux d'elle, et je ne l'avais pas vu depuis plus d'un an. Elle su immédiatement de qui il s'agissait et elle me répondit. J'ai conservé cette lettre intacte. C'est une des plus belles choses qui me soit arrivé. Je la réstitue ici sans aucune modification:


"Je le savais très bien qu'elle arriverai un jour cette lettre, mais maintenant, je ne pensais pas. J'avais fini par ne plus l'espérer...
J'ai enfin répondu à une question qui trotte dans ma tête depuis très longtemps, et j'en étais sûre, ce n'était pas possible que tu me haïsses vraiment après tous les moments qu'on a passé ensemble.
J'ai toujours voulu prendre ma plume et écrire ou bien attraper le téléphone et composer le O5 XX XX XX XX qui reste gravé au fond de ma mémoire, mais voilà je n'ai jamais osé. Qu'avais-je à perdre? Rien sans doute, mais tout ne s'explique pas.
Je crois que maintenant c'est à mon tour de parler...
Pour tout te dire, je n'ai jamais compris ton comportement, je me suis toujours demandé pourquoi tu agissais ainsi alors que nous étions si proches, comme les deux doigts de la main.
Du jour au lendemain tu devenais mon pire enemi, alors que tu étais mon meilleur ami...
J'ai souffert... vraiment souffert, je ne pense pas que tu puisses imaginer à quel point ça était dur. Je t'en ai tellement voulu, mais au fond, j'esperais toujours que tu reviennes et que ça recommence comme avant, mais ce jour là n'arrivait pas, et petit à petit ma souffrance grandissais, mais en moi, car personne ne voulait me comprendre ou m'écouter, on me disait que j'étais branque, combien de fois ai-je entendu: "Mais arrêtes de parler de ce gars, ne penses plus à lui, c'est un gros con, t'as vu ce qu'il t'a fait!". Donc, j'ai gardé tout ça pour moi, et c'était encore plus dur de ne pas pouvoir en parler. Un jour quand même alors que j'en avais mare de ce silence, j'ai réussi à dire à quelqu'un: "Je crois que je l'aime", je crois que je n'aurais pas du car une fois de plus on ne me comprenait pas. Ce fut je crois la période la période la plus atroce de ma vie, je t'aimais et tu me traitais comme de la merde, c'était dur...
Puis j'ai rencontré de nouvelles personnes, de vrais amis qui ont su m'écouter, et j'ai décidé de recommencer une nouvelle vie, d'arrêter de haïr ma vie et d'oublier le passé. La plaie s'est refermée peu à peu, très lentement, et j'ai réussi à t'oublier.
Quand tu m'as appelé, les souvenirs sont remontés, et je voulais vraiment qu'on parle, je voulais savoir et te demandais pourquoi tu dégageais tant de haine envers moi; mais tu n'étais pas seul (pourquoi?) et je ne sais pas si j'aurais osé.
Ensuite ma vie a repris son cours, un jour un copain qui me parlait souvent de sa vie et de ses problèmes m'a dit que je ne parlais jamais de moi, de mon passé, que je n'extériorisais pas, alors je lui ai dit qu'il ne fallait pas penser au passé, l'oublier...
Mais il a insisté pour que je me confie à lui, donc je lui ai raconté l'histoire d'un gars que j'ai aimé malgré tout le mal qu'il m'a fait et tous les moments qu'on a partagé ensemble. Mais j'ai réussi à surmonter cette épreuve trés dure.
Le fait d'en parler m'a soulagé d'un poids très lourd, et suite à ça, j'ai ressenti le besoin d'écrire pour oublier totalement. Voilà ce que j'ai écrit et que j'aurais voulu t'envoyer:
"Une amitié si forte peut-elle disparaître ainsi sans laisser une triste pensée?
Faut-il l'oublier?
La vie n'est pas si simple, même... même sans y penser une partie de mon passé reste gravée en ma mémoire.

Pourquoi, pourquoi, pourquoi? Cette question résonne au fond de moi, un jour, peut-être je comprendrai...

Comment une personne si sensible peut-elle se cacher derrière un masque si laid?

Je ne cesse de me demander si j'ai eu tort de faire confiance, je crois que j'ai été bête, ou peut-être pas, ce que je sais c'est que j'ai eu mal, très mal.
La plaie s'est refermée doucement et peu à peu j'ai repris confiance en moi, et j'ai enfin compris qu'il fallait rester soi-même, maintenant la vie me semble meilleure, mais au fond de moi, j'espere toujours..."

Maintenant je comprend mieux mais, quelque chose me semble encore flou, je me suis toujours demandé pourquoi cette partie qui n'est pas toi-même a toujours pris le dessus car je sais très bien et j'ai toujours su que tu étais un mec génial, intéressant et très intelligent.
Je me suis toujours dit que je voudrai te revoir dans plusieurs années, le temps que tu comprennes qui tu es vraiment... pour qu'on parle.
Dans un sens je n'arrive vraiment pas à t'en vouloir car cette période maussade de ma vie m'a fait comprendre beaucoup de choses et m'a rendu plus forte pour affronter cette putain de vie.
Maintenant je n'ai plus peur de ce qui peut m'arriver... Je prend la vie comme elle vient...
Voilà, je crois que ce qui était à dire a été dit (mais peut-être pas totalement).
Ecris-moi,
L."


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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /Jan /2009 16:19

Tout le monde change. Mes amis se mettent en couple, d'autres pensent déjà à se marier ou à avoir des enfants. L'amour met très souvent notre amitié entre parenthèses. J'ai perdu contact avec bon nombre des gens avec qui j'ai partagé mes plus belles années. Je sais que dans mon dos les gens se questionnent: "Mais, comment se fait-il qu'il soit toujours tout seul? A-t-il déjà couché avec une fille? Ca me rend triste pour lui..."
Ma situation était tout à fait acceptable quand j'étais encore au lycée, voir en prépa, et que la plupart de mes connaissances étaient célbataires, où n'avaient pas encore eu de relations sexuels. Je faisais partie du mensonge ambiant. Du "Moi aussi, je l'ai fait". Mais dès lors que la grande majorité a passé le cap, que la plupart construisent une vie à deux et que moi je reste seul, avec ce secret qui me fait honte et leur fait sans doute pitié, alors je deviens un être hors du monde. Que serai-je dans 5, 10, 15 ans? L'avenir m'a toujours paru impossible.

Par everysecond - Publié dans : Présent
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 18:14
La meilleure part des hommes reste cachée. Elle ne se révèle que dans l'amour. J'ai toujours eu peur de mourir à moi-même, de ne rien faire de ma vie, à cause de toutes ces abscentes.
Il y a un an, après quelques lectures sur la pornographie, la sexualité et d'autres sujets connexes, j'ai décidé d'aller voir le Dr. V. Le Docteur V est comment dire..., c'est un sauveur. Sa recette est simple, il prend un problème humain, neuronal, biologique, psychologique, de société ou encore philosophique, existenciel, une question de survie dans un monde qui devient invivable et en fait une question de mécanique pure.

Dr V, va vous aider, il a guéris des tas d'hommes, et princialement ceux qui ont connu une impuissance dans un second temps, c'est à dire après une période de puissance. Autant dire que parmis ces hommes il est très populaire.

J'y suis allé une première fois, celà fait 1 an et demi maintenant. Il m'a annoncé que j'allais avoir grâce à lui un lot de seringues, qui une fois injectées dans mon pénis me permettront d'avoir une érection, articficielle. That's nice.

J'ai 24 ans, je suis un garçon triste, mais je connais les formes les plus hautes de vie.  La société occidentale produit des rêves et des désirs qui sont inconciliables avec le fait de s'injecter un stimulant dans le pénis et ensuite d'aller voir une prostituée pour la laisser faire son travail. Je ne suis pas comme ça. Et pourtant. Le réel nous fait converger vers une dureté inimaginable de l'existence.

Ne pensez pas que je n'ai rien tenté, et que je ne ferai rien à l'avenir. Je suis une corde tendue entre l'animal et le surhumain. Une corde au dessus d'un abîme.

La suite arrive.
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 20:01
On ne vit pas, on ne meure pas dans un espace romantique où le rêve, l'ambition et l'espoir dirigent le monde et ont tout pouvoir. On vit, on meure, on aime, dans un univers cadrié et logique régit par des lois mécaniques qu'essaient de déchiffrer les scientifiques. Telle est la vision de Dr. V.

Après ma première visite chez V, j'ai laissé passer un an. D'une part car je vivais à ce moment à Londres et que ces voyages à Paris me faisaient beaucoup de mal. Venir dans la ville de l'amour, pour affronter mon infirmité était terrible. D'autre part, car l'idée de récupérer ces seringues ne m'enchantait pas vraiment. C'était contraire à ma façon de penser.
Il y a toujours une autre raison. Le but, la fin, et tous les arguments ne font jamais que cacher une raison plus profonde qu'on voudrait masquer.
Cette raison, c'est le Dr. V qui me l'a donné. La mécanique du corp et de l'esprit, leur symbiose magnifique peut s'enrouer dans le cas où intervient un sympathique agent inhibiteur: la peur. La peur, l'angoisse et le stress agissent à l'inverse du désir, et  viennent a bout en un clin d'oeil de tout appétit sexuel.  Pire, le chemin que parcourt la peur reste balisé pour que celle-ci puisse s'y réintroduire, encore et encore. Une fois que l'empire de la peur reigne sur le fonctionnement sexuel dans sa forme la plus simple, il s'étend alors à tout ce qui est en relation avec ce fonction vitale. Car tout ce qui est proche du fonctionnement sexuel devient une source de souffrance pour le corp et l'esprit, cela nous fait revenir à notre souffrance. Et notre intellect doit s'en préserver. La peur se transforme. Elle devient fuite et panique.
Je n'allais pas voir Dr. V car je fuyais mes problèmes, je fuyais une solution possible, par un reflexe naturel. La vue d'une souffrance prochaine engendre la fuite. Evident.

1 an pour revenir à lui. Un an pour comprendre, ce qu'il m'avait dit dans les toutes premières secondes de notre entretien: "La fuite est un reflexe naturel, c'est contre elle que vous allez devoir lutter".


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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 18:26

La distance qui sépare une personne de l'enfer est infinitésimale. L'enfer est sous nos pieds, prêt à envelopper notre existence à chaque seconde. Tout peut basculer . La joie et la souffrance sont par essence instables. Je pourrais changer du tout au tout en une seconde.

Plus le temps passe, et plus le désespoir vient labourer les terres joyeuses de mon enfance, plus je m'approche du point de non retour, où j'aurais, pour cause de  mauvaises habitudes, perdu le courage d'esperer, perdu les dernières ressources de ma volonté. Ce jour là est imminent et lointain, il court , il court. Il connait son chemin.

 

Sachez qu'un impuissant perd tout, au fur et à mesure qu'il avance. Tout perd sa saveur, jour après jour, et tous les sentiments sont peu à peu refoulés, dérivés, abrutis, amoindris. L'impuissant meure à lui-même, peu à peu. Il perd ses amis, puis ses parents. Finalement il se perd lui-même, car il a perdu tout son sens.

Par everysecond - Publié dans : Présent
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