Lundi 12 janvier 2009
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20:12
Le problème n'existe que parce qu'on est confronté à celui-ci. Tout allait bien jusqu'au jour où pour la première fois j'ai embrassé une fille sur la bouche. Tout allait bien jusqu'à ce soir de
la Saint-Jean où C m'a fait tomber dans l'herbe et que je l'ai malencontreusement entrainé dans ma chute. Une fois dans l'herbe tout a basculé. Quand nos langues se sont mélées cette toute
première fois, j'ai pour ma part compris que l'amour ne serait en rien une évidence. Il serait lié à la peur, au stress, à la panique.
Par everysecond
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Mardi 13 janvier 2009
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2009
17:06
L'experience du premier baiser doit être purement subjective. Faire entrer une once d'objectivité dans la chose la rend totalement inintéressante. Imaginez que quand C m'a embrassé, je me suis
mis a pensé au fait que je n'étais plus puceau, à une nouvelle vie qui commençait pour moi au collège, et au fait que j'aimerais bien que ça ce finisse au plus vite. Ce n'était pas
désagréable, mais ce n'était pas agréable non plus. C'était comme de sortir du monde, tout en participant à la mascarade, au jeu de la sexualité.Je suivais d'un esprit attentif les
mouvements de nos langues en trouvant tout cela étonnant, voir grotesque, mais nécessaire. Je rentrais dans la danse, sans entendre la musique.
Par everysecond
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Mardi 13 janvier 2009
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2009
17:26
J'avais 14 ans à l'époque de C. Aujourd'hui j'en ai 24. 24 ans et je suis sorti avec une bonne trentaine de filles. Une trentaine de filles c'est largement plus que ce que fera l'individu moyen.
Mais en terme d'intensité, je me dois de tirer ma révérence à l'ordinaire. Jamais je n'ai aimé comme lui.
Je suis un excellent séducteur car je suis désinteressé. Je manie le langage comme outil de séduction, non comme un moyen de communiquer. J'ai parfois l'impression que ma manière de parler aux
jeune filles et ma façon à moi de leur faire l'amour. Je joue des rythmes, des représentations. Je souffle le chaud, puis le froid. Et jamais, au grand jamais, je ne succombe à leurs charmes. Je ne
les désire pas, pas au moment où elles voudraient me séduire en tout cas. Don Juan pourrait être impuissant.
L'impuissance conduit paradoxalement à se prouver à intervalles réguliers qu'on est puissant. Et donc à séduire. Mais attention, il faut toujours souffler le froid juste avant que la
victime succombe. Car si séduire est un plaisir, avoir séduit renvoie directement à notre sentiment d'impuissance, car nous sommes incapables de conclure.
Par everysecond
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Mardi 13 janvier 2009
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2009
19:06
A 22 ans j'ai enfin pris pleinement conscience de mon problème. Par prendre conscience de mon problème je veux dire que je le considère en tant que tel et que je cherche à y remédier.
J'ai donc pris la décision d'aller voir un psychiatre. Après quelques rendez-vous, et en étant chaque jour un peu plus déprimé en rentrant chez moi, je me suis dit qu'il était sans doute temps de
lui dire la vérité. En fait durant nos premiers rendez-vous je lui parlai de tout sauf de ce qui était la cause de la plupart de mes maux.
Ca a donné à peu pret ça:
-Je pense que je suis impuissant. En fait non, je ne pense pas, j'en suis sûr.
-Non ce n'est pas vrai, ne dîtes pas de bêtises.
-Je vous assure, c'est cela mon problème.
-Vous ne ressentez pas de désir donc?
-Si, mais cela n'a rien à voir avec l'impuissance, je veux dire que j'ai un bloquage psychologique qui fait qu'en présence de femmes j'ai peur et je suis incapable d'avoir des relations
sexuelles. Peut-être suis-je homosexuel?
-Mais non.
Après cela la conversation a dévié. J'ai payé ses honoraires à mon docteur. Je suis parti, et je ne suis plus jamais revenu. Cette femme ne m'avait pas cru. Je venais de lui livrer le plus
lourd de tous les secrets, la source de mon mal-être et pour elle ce n'était que balivernes.
Je considérais alors qu'il suffirait d'avouer mon problème pour qu'il soit réglé. Je m'attendais à ce que des gens se pressent pour m'aider, qu'ils m'accompagnent, me pleignent en me répétant que
vraiment ce qui m'était arrivé était terrible que j'avais eu beaucoup de courage de faire ces démarches... je devais devenir un héro en somme. Et en plus d'être un héros je devais être sauvé.
Et pourtant...
Par everysecond
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Mercredi 14 janvier 2009
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2009
16:56
Je suis sur ma terrace, au bord de la piscine. Le soleil brille encore en cette fin d'après midi de Janvier. Pourtant il fait très froid. Et comme le soleil dans son enfer polaire, mon coeur n'est
plus qu'un bloc rouge et glacé.
Par everysecond
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